Le Mario en 3D d'un monde parallèle

Critique de Super Mario 3D Land (Nintendo EAD Tokyo, 2011)

Initialement postée sur Senscritique le 20 novembre 2013

En 1996, au moment où il lui fallait “passer à la 3D” (et où il semblait évident pour tout le monde qu'il fallait “passer à la 3D”), le genre plateforme s'est scindé en deux. Confrontés au même problème – comment faire un jeu de plateforme en 3D ? – Naughty Dog et Nintendo ont pris deux chemins très différents. Quinze ans plus tard, les devs de Crash Bandicoot sont passés à autre chose et Nintendo a pris acte du retour de la 2D ; ils ont fait ce 3D Land comme si Super Mario 64 et ses enfants n'avaient jamais existé. Adieu, la caméra libre, le “hub” central, les étoiles cachées dans des grandes cartes, les PNJ bavards qui veulent jouer avec vous : 3D Land vient d'un monde parallèle où c'est Naughty Dog qui avait raison.

Le résultat a hérité de la robustesse des meilleurs Mario 2D : 3D Land est un vrai jeu de plateforme, où il faut aller d'un point A à un point B sans mourir, et non un jeu d'action-exploration-puzzle-collectathon expérimental comme pouvaient l'être SM64, Sunshine et dans une moindre mesure les Galaxy (le glissement a été progressif). C'est à la fois triste et merveilleux : triste parce que Nintendo joue encore et toujours la sécurité, pour mieux vendre ses consoles qui manquent cruellement de raisons d'être. Mais aussi merveilleux de voir que malgré leur frilosité, les devs de Nintendo (et Brownie Brown apparemment) sont toujours capables de bâtir des jeux solides, autour d'un concept simple qui se suffit à lui-même. Moins audacieux que les autres Mario en 3D, mais bien meilleur que les New Super Mario Bros, 3D Land sait exactement ce qu'il est et le reste jusqu'au bout : un “True 3D Platformer”, comme on n'en a plus vu depuis les vieux Crash Bandicoot. Vivement le 3D World pour voir si, pour les Mario en 3D, ce monde parallèle s'avère être le bon.

- LP

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